[LA TRIBUNE DU DIABLE] — Laura Koutounda, le visage d’une nouvelle gouvernance pour le football féminin congolais ?
Et si la prochaine présidente de la Ligue Nationale de Football Féminin était enfin… une femme ? À quelques semaines de la recomposition générale des instances dirigeantes du football congolais prévue pour ce mois de septembre, une question fondamentale secoue le milieu : le temps n’est-il pas venu de confier la gouvernance de la discipline aux femmes elles-mêmes ? Alors que la Ligue a longtemps fonctionné sous la responsabilité de dirigeants désignés par les anciennes instances fédérales — une organisation aujourd’hui vivement contestée —, un nom émerge pour incarner la rupture : Dr Laura Koutounda.
Le profil du changement : Qui est le Dr Laura Koutounda ?
Dans un paysage institutionnel souvent figé, le profil de Laura Koutounda détonne et séduit. Présidente du CS Munata Association depuis près de trois ans, cette doctorante en médecine dirige l’un des rares clubs mixtes du Congo. Elle y développe simultanément le football masculin et féminin, en mettant un accent tout particulier sur la formation des jeunes filles.
Sa vision du football rompt avec le pilotage à vue traditionnel. Elle défend un projet moderne axé sur :
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La structuration profonde et la professionnalisation des clubs ;
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Une gouvernance transparente et rigoureuse ;
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La protection de l’intégrité des joueuses ;
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Le lien indispensable entre sport, santé et développement individuel.
Son parcours symbolise l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeantes, armées de compétences solides en management, en organisation et en conduite de projets complexes. Pour un football féminin congolais en quête absolue d’une nouvelle dynamique, sa candidature apparaît pour beaucoup comme une évidence.
Une gouvernance plus représentative : Finir avec les promesses de façade
Les textes de la FECOFOOT prévoient théoriquement une représentation des femmes dans plusieurs organes du football national. Mais pour de nombreux observateurs, cette ambition doit cesser d’être un simple outil cosmétique pour se traduire par de vraies responsabilités exécutives.
L’enjeu est de taille : propulser une femme à la tête de la Ligue Nationale de Football Féminin constituerait un signal politique et institutionnel fort. Ce serait la garantie d’une gouvernance plus inclusive, plus proche de la réalité du terrain, des revendications des joueuses, des réalités des clubs et du quotidien des éducatrices. À l’échelle du continent africain, l’histoire montre que les fédérations qui ont renforcé la place des femmes dans les cercles de décision ont vu leur football féminin se développer de manière exponentielle. Le Congo ne peut plus se permettre de rester à la traîne.
Le chantier du nouveau départ : Les priorités de la reconstruction
Le futur exécutif de la FECOFOOT, qui sera élu en septembre, héritera d’un football féminin profondément fragilisé par des années de marasme et de difficultés organisationnelles. Pour rebâtir des fondations solides, le prochain mandat devra impérativement s’attaquer à six chantiers prioritaires :
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La réforme globale de la Ligue Nationale de Football Féminin ;
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La professionnalisation des clubs sur le plan administratif et financier ;
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La mise en place d’une charte des clubs d’élite pour moraliser et structurer l’élite ;
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Le développement massif des compétitions de jeunes pour préparer l’avenir ;
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Le renforcement de la gouvernance et de la transparence financière ;
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Une représentation réelle et visible des femmes dans les organes décisionnels majeurs.
Le verdict de Ndembomag : Briser le plafond de verre en septembre
Au-delà de la seule figure du Dr Laura Koutounda, ce débat pose une question de fond historique : Le football féminin congolais est-il enfin prêt à être gouverné par des femmes, pour les femmes, et avec les femmes ?
Si le prochain cycle olympique et fédéral veut réellement marquer une rupture nette avec les pratiques opaques du passé, la place des femmes ne peut plus se limiter à de grands principes abstraits écrits sur des statuts poussiéreux. Elle doit s’afficher de manière spectaculaire au sommet des institutions. Septembre 2026 offre une opportunité en or d’ouvrir une nouvelle page. Reste à savoir si les grands électeurs oseront le choix du courage et du changement.




