[TERRITORIALISATION DU FOOTBALL CONGOLLAIS] — Sangha Football Center of Ouesso (SFCO) : La nouvelle vitrine du développement du football dans le nord du Congo
C’est une véritable révolution géographique et sportive qui est en train de s’opérer loin des projecteurs de Brazzaville et de Pointe-Noire. Longtemps oubliée et dépourvue de véritables structures de formation, la partie nord du pays tient enfin son projet phare, capable de transformer durablement le paysage footballistique national. Porté par l’ancien professionnel camerounais Tedjieu Metenou Alban, le Sangha Football Center of Ouesso (SFCO) s’impose comme la nouvelle référence absolue de la détection et de la formation des jeunes talents de la Sangha.
De la MTN Elite One à Ouesso : Le pari fou de Tedjieu Metenou Alban

Derrière cette académie se cache la vision d’un homme de terrain. Installé à Ouesso depuis maintenant treize ans, Tedjieu Metenou Alban sait ce que le haut niveau exige. Ancien joueur chevronné, il a évolué pendant plus de dix saisons en MTN Elite One au Cameroun, avant de parfaire son expérience internationale sur les pelouses de Thaïlande, de Singapour, d’Oman et du Bangladesh.
Au moment de raccrocher les crampons, plutôt que de courir après le confort des capitales, il fait un choix fort : transmettre son vécu là où le désert technique est le plus total. Constatant l’absence dramatique de centres de formation dans toute la zone septentrionale du Congo, il nourrit dès 2016 l’ambition de bâtir une académie. Après plusieurs années de structuration et l’obtention de sa Licence CAF C, le projet est devenu réalité. À l’issue d’une vaste campagne de détection menée en septembre et octobre 2025, la SFCO a officiellement ouvert ses portes le 1er novembre 2025. Un timing parfait alors que le pays réclame une refondation à la base.
Allier les bancs de l’école aux pelouses de la Sangha
La vision de la SFCO refuse le football-bricolage qui caractérise trop souvent nos initiatives locales. L’objectif est limpide : offrir aux enfants de la Sangha une chance réelle de rêver, de s’armer techniquement et de se forger une carrière professionnelle, tout en érigeant l’éducation scolaire en priorité absolue. À la SFCO, on ne forme pas des analphabètes du ballon rond, mais des citoyens accomplis.
L’académie s’est donné pour mission de transmettre les fondamentaux techniques, tactiques et les valeurs comportementales du football moderne. Pour sa première année pleine d’activité en 2026, la structure tourne déjà à un régime impressionnant, encadrant un total de 132 stagiaires rigoureusement sélectionnés et répartis de manière stratégique :
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U9 : 20 jeunes promesses pour l’éveil psychomoteur.
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U11 : 22 joueurs en phase d’apprentissage technique.
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U13 : 25 joueurs pour la pré-formation.
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U15-U17 : 35 athlètes aux portes de la compétition.
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U16-U19 (Féminines) : 30 joueuses. Un signal fort envoyé à la FECOFOOT au moment où le football féminin manque cruellement de vivier local de formation.
Le message de Ndembomag : Décentraliser pour régner
Grâce à la SFCO, Ouesso est en train de devenir un pôle de développement incontournable du football congolais. Ce projet prouve une chose que Ndembomag martèle : le talent n’est pas concentré uniquement dans les rues de Brazzaville ou sur le littoral de Pointe-Noire. Les futurs Diables Rouges se cachent aussi dans le nord du pays, pourvu qu’on leur donne des infrastructures décentes et des éducateurs qualifiés.
À l’approche des élections fédérales de septembre, la réussite de la SFCO doit interpeller le ministère des Sports et le futur Comité Exécutif. Au lieu de subventionner à coups de millions des clubs fictifs ou des « gérants » sans vision, les instances doivent accompagner et protéger ces centres privés qui font le travail de l’État sur le terrain. Le grand Congo du football de 2030 passera par la décentralisation, et la Sangha vient de montrer la voie.




