Diables Rouges du Congo Football : Claude Le Roy vide son sac et récuse la liste officielle du staff

Présent devant la presse au siège de la FECOFOOT, le sélectionneur des Diables Rouges a balayé l’actualité de la sélection nationale. Entre la drague des binationaux, ses relations avec les instances et un tacle glissé à la liste du staff publiée par la fédération, le technicien français n’a pas langue dans sa poche.

Le « Sorcier Blanc » n’a rien perdu de son punch. Face aux journalistes sportifs réunis au siège de la FECOFOOT, Claude Le Roy a livré une prestation cash, entre mises au point institutionnelles, philosophie de jeu et coups de gueule maîtrisés.

D’entrée, le sélectionneur a tenu à saluer la presse, rappelant le respect qu’il voue aux médias avant de réaffirmer la fierté qui l’anime : « C’est toujours un grand honneur de diriger une équipe nationale », peu importent les tempêtes du moment. Revenant sur le parcours des Diables Rouges — du quart de finale de CAN perdu face à la RDC à la victoire en Guinée-Bissau —, il a félicité le regroupement en cours avec les joueurs du championnat local pour insuffler de l’espoir au vivier national.

Binationaux : « Mieux vaut un âne malade qu’un cheval en bonne santé »

Interrogé sur sa récente tournée européenne et les dossiers chauds du moment (Dilane Bakwa, Bradley Locko), Claude Le Roy a dégainé une métaphore imagée dont il a le secret pour poser ses conditions d’engagement :

« Mieux vaut avoir un âne malade qu’un cheval en bonne santé. »

Comprendre : l’âne reste fidèle et protège son territoire, contrairement au cheval. La priorité absolue ira aux joueurs habités par l’amour du maillot. Sur les cas individuels, le constat est clair :

  • Dilane Bakwa : Le joueur n’est pas intéressé pour le moment. « Il ne faut pas forcer les choses », tranche le sélectionneur.

  • Bradley Locko : Le courant est bien passé lors d’un déjeuner avec le joueur et sa famille. « Mais bon, il faut attendre », temporise-t-il, promettant de futures surprises.

Concernant les « cadors » de la diaspora, souvent très jeunes, Le Roy se veut pédagogue : « Si on leur donne la nationalité congolaise, ce n’est pas pour les tromper, c’est pour leur faire comprendre qu’ils sont importants. Jamais un joueur binational que j’ai convaincu n’a regretté son choix. »

Tactique et joueurs hors d’Europe : la carte de l’adaptabilité

Relancé sur son faible pour le 4-4-2 par le chroniqueur Abrahama Nsouadi, le technicien exige avant tout des profils vifs, intelligents et capables de repiquer dans l’axe. « Il faut s’adapter aux joueurs que nous avons », insiste-t-il.

Sur le contingent africain (sujet relancé par Vox TV), Le Roy garde l’œil ouvert : il a confirmé suivre de près Inno Loba (Tanzanie) et un profil évoluant à l’AS Maniema Union (RDC), deux joueurs qui « sortent du lot ».

« La FECOFOOT fait son travail, moi je travaille »

Les questions dérangeantes n’ont pas tardé, notamment sur sa relation avec l’instance fédérale. Claude Le Roy a coupé court aux ambiguïtés :

« Il faut être clair, tout le monde sait comment cette fédération a été gérée. Pour le moment, ce n’est pas ce qui m’intéresse. Pour mettre une équipe nationale, il faut l’engagement de l’État. C’est le Gouvernement qui engage les fonds. La FECOFOOT fait son travail et moi je travaille. C’est le Gouvernement qui m’a fait venir. »

Scène de ménage sur le staff : Le Roy désavoue la liste de la FECOFOOT

C’est le moment d’achoppement de cette conférence. Interpellé par le journaliste Achielle Nzikou sur la composition du staff technique publiée sur le site officiel de la FECOFOOT — et sur la présence de Christian Maniongui (conseiller du ministre des Sports) —, Le Roy s’est agacé avant d’asséner une mise au point monumentale :

« Ce qui est officiel, c’est ce que j’ai validé moi. Je n’ai pas validé ça, il y a des gens que je ne connais pas dedans ! »

Relancé sur les absences au stage de Jean Ruffin Loemba (chargé des médias sur la liste) et de Bemba Essoumba (intendant), le verdict du sélectionneur est tombé sans appel : cette publication est une fausse liste. Les deux hommes n’ont jamais été choisis par le technicien et ne feront pas partie du staff des Diables Rouges A.

Formation et foot féminin : l’exemple du Togo

Interrogé par Radio Congo sur son héritage, Claude Le Roy a appelé à structurer la formation des jeunes et des éducateurs : « Ce sont les éducateurs très compétents qui forment les bons joueurs. »

Surtout, il a pointé du doigt le retard criant du football féminin congolais, citant son expérience réussie avec Graine du Togo (passé de zéro à 15 000 licenciées puis à une qualification à la CAN) :

« C’est du boulot. Il faut mettre les bonnes personnes, pas les copines, pas les copains. Ça ne sert à rien de nommer vos amies. »

À l’approche du rendez-vous décisif contre la Namibie en septembre, Claude Le Roy prévient : « Nous sommes dans un pays de passion, il faut donner l’espoir. Je ne dis pas que ça sera facile ou que j’arrive avec toutes les solutions, mais on va travailler. »

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