[FORMATION DES ENTRAÎNEURS CONGOLAIS] — Licences CAF A, B, C : Pourquoi le Congo forme des entraîneurs condamnés au chômage ou au bricolage technique
C’est l’une des grandes fiertés régulièrement agitées par la Direction Technique Nationale (DTN) de la FECOFOOT : les vagues successives de techniciens formés et diplômés des Licences CAF A, B ou C. Sur le papier, le Congo se dote d’une armée de cerveaux tactiques. Dans la réalité, le tableau est beaucoup plus sombre. Une fois le précieux sésame en poche, nos entraîneurs locaux sont abandonnés à leur propre sort, sans aucun suivi ni programme de recyclage moderne. Ndembomag démonte le marché des diplômes fédéraux et explique pourquoi nos techniciens se retrouvent tactiquement dépassés par rapport au reste du continent.
Le diplôme comme fin en soi : L’illusion de la compétence
Au Congo, obtenir une Licence CAF est trop souvent perçu comme la ligne d’arrivée, alors que ce n’est que le coup d’envoi. La FECOFOOT excelle dans l’organisation de sessions de formation payantes, distribuant des parchemins à tour de bras. Mais que valent ces diplômes si le contenu pédagogique n’est jamais réactualisé ? Le football moderne évolue à une vitesse vertigineuse : l’analyse vidéo, l’utilisation des données athlétiques (data), l’évolution des systèmes de jeu hybrides et la gestion psychologique des vestiaires exigent une mise à niveau perpétuelle.
En l’absence d’une vision à long terme de la part de la DTN, la majorité de nos entraîneurs se retrouvent livrés à eux-mêmes. Privés de séminaires de recyclage obligatoires pour renouveler la validité de leurs licences, ils en sont réduits à appliquer des méthodes datant d’une autre époque. Ce manque de suivi institutionnel crée une fracture technique immense dès que nos clubs ou nos sélections nationales croisent le fer avec des techniciens maghrébins, ouest-africains ou européens, largement plus armés sur le plan de la mise à jour tactique.
Entre chômage de masse et bricolage sur les bancs de la LINAFOOT
Cette faillite du système de suivi a deux conséquences directes et dramatiques pour le football national :
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Le chômage de masse des diplômés : Le marché local est saturé de techniciens certifiés qui ne trouvent aucun club preneur, faute d’un championnat structuré et de catégories de jeunes obligatoires dans toutes les divisions.
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Le bricolage technique permanent : Pour ceux qui ont la chance de décrocher un banc en LINAFOOT, l’environnement de travail s’apparente à une mission suicide. Sans outils technologiques de pointe, sans budgets pour recruter des staffs d’analystes spécialisés, ils naviguent à vue, s’appuyant uniquement sur leur instinct ou leur passé d’ancien joueur.
Comment s’étonner dès lors du manque d’identité de jeu de nos clubs d’élite ? Le bricolage technique sur les bancs de touche est le reflet direct du désert managérial imposé par les instances fédérales.
Le message de Ndembomag : Conditionner les licences à un recyclage obligatoire
À l’approche des élections de septembre 2026, la refonte de la Direction Technique Nationale doit être un chantier prioritaire. On ne gère pas la formation des cadres comme une boutique de vente de certificats. Ndembomag et son fondateur Ramsi Koutounda réclament l’alignement immédiat du Congo sur les standards des grandes nations de football.
La FECOFOOT doit instaurer un système de crédits de formation continue. Une Licence CAF ne devrait plus être valable à vie sans justificatif de mise à niveau. Chaque année, des ateliers de recyclage obligatoires portant sur les innovations tactiques et technologiques doivent être organisés dans chaque département du pays, reliant ainsi la formation des coachs au concept global de territorialisation du football. Donner un diplôme à un homme sans lui donner les moyens de se recycler, c’est fabriquer des chômeurs intellectuels du football. Il est temps que la compétence remplace la complaisance.




