Noël Tosi de retour chez les Diables Noirs : Entre ambitions continentales et gestion de « cour de récréation »
Le football congolais respire enfin. Après deux longues années d’une paralysie totale née du bras de fer brutal entre le ministère des Sports et la FECOFOOT autour de la mauvaise gouvernance, de la corruption et du favoritisme, le ballon tourne à nouveau au pays. Si cette reprise est une délivrance pour les joueurs — premières victimes de ce gâchis —, les entraîneurs et les supporters, elle sonne aussi l’heure de la reconstruction pour les écuries de la LINAFOOT. Parmi celles qui affichent des ambitions grandioses, le club le plus populaire du Congo, le CSM Diables Noirs, frappe un grand coup en actant le retour sur le banc du technicien français Noël Tosi. Mais derrière les sourires de façade, quelles sont les réelles ambitions et, surtout, les coulisses de ce come-back à haut risque ?
Objectif l’Afrique : Le retour du sorcier de « YAKA DIA MAMA »
Chez les Jaunes et Noirs, on ne se cache plus : l’objectif de la saison 2026-2027 est de rouler sur le football national pour retrouver d’urgence les joutes continentales de la CAF. Pour porter ce projet lourd de pression, la direction du CSM Diables Noirs a choisi de rappeler une vieille connaissance. Noël Tosi remet les pieds à Brazzaville, deux ans après un premier passage marquant où il avait réussi à hisser le club en phase de poules de la Coupe de la Confédération (CAF).
Pour les fans du mythique « YAKA DIA MAMA », ce retour est un gage de compétence tactique. Tosi connaît la maison, possède l’expérience des pelouses africaines et sait comment galvaniser un groupe. La feuille de route est limpide : ramener un titre national (Championnat ou Coupe du Congo) dans la vitrine pour légitimer les ambitions d’un club qui ne conçoit son existence qu’au sommet. Sur le papier, l’histoire est belle. Dans la réalité structurelle du club, elle frôle le miracle permanent.
80 ans d’histoire, mais l’organisation d’une « association de quartier »
C’est ici que Ndembomag pose les questions qui fâchent. Comment un monument du football congolais, fort de plus de 80 ans d’existence et d’une ferveur populaire inégalée, peut-il afficher un tel retard structurel ? Pendant qu’en Afrique, des géants de la même stature populaire comme le Wydad Casablanca au Maroc, les Orlando Pirates en Afrique du Sud, ou même l’AS Mangasport au Gabon voisin sont gérés comme des multinationales professionnelles, les Diables Noirs ressemblent encore trop souvent à une foire à l’improvisation financière et administrative.
Il faut rafraîchir la mémoire des dirigeants et des supporters : lors de son premier mandat, Noël Tosi lui-même n’avait pas caché sa frustration face aux manquements professionnels de son administration. Le technicien français avait publiquement fustigé les conditions de vie précaires des athlètes, révélant que les joueurs manquaient parfois de nutriments de base (rations alimentaires, collations de récupération) avant et après les matchs de haute intensité ! Deux ans après, la structure a-t-elle enfin muté ou Tosi va-t-il retrouver le même cirque logistique ?
Le RSA en France ou les millions de Brazzaville : Qu’est-ce qui fait courir Noël Tosi ?
La question de sa motivation reste entière et agite toutes les gargotes sportives de Bacongo et Poto-Poto. Qu’est-ce qui a bien pu pousser un entraîneur français de 63 ans, qui oscillait peut-être entre le RSA et les piges de consultant en France après son départ du Congo, à revenir plonger dans le chaudron instable des Diables Noirs ?
Trois hypothèses s’affrontent :
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L’amour du défi sportif : Le goût inachevé de l’Afrique et la ferveur mystique des supporters de « YAKA DIA MAMA ».
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Un contrat blindé par la direction : Les dirigeants ont-ils aligné les garanties financières et logistiques indispensables pour le convaincre de revenir, lui promettant un vestiaire nourri, logé et payé aux normes professionnelles ?
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L’opportunisme alimentaire : Le football africain reste une terre d’asile financièrement attractive pour des techniciens européens en perte de vitesse sur le vieux continent.
Noël Tosi joue gros. S’il réussit à imposer sa rigueur à une direction historiquement volatile et à qualifier le club pour l’Afrique, il sera un dieu vivant à Brazzaville. S’il se retrouve à nouveau à devoir mendier des jus de fruits et des bananes pour la récupération de ses joueurs à la mi-temps, ce retour n’aura été qu’un CDD de dupes. Le terrain jugera.




